
Le Double Neuf
Sur l’air de « Ivre sous l’ombrage des fleurs »
Qinghzao LI (1084-1151)
Traduction de Yuanchong XU
Brume et nuage d’encens,
Attristée, je regarde toute la journée
L’encensoir en forme de bête
Cracher sa fumée.
De nouveau vient la fête
Du Double Neuf, à travers rideau et paravent
Pénètre à la minuit un froid naissant.
A la brune je bois du vin,
Mes manches s’emplissent d’un parfum subtil
Dans mon jardin.
Ah! ne dites pas qu’il
Ne fait pas défaillir l’âme !
Si le vent d’ouest qui souffle fort
Soulève le rideau, on verra une femme
Plus diaphane qu’une fleur d’or.
XU Yuanchong (trad.), 1999, 300 poems chinois classiques (tome 1), Editions de l’Université de Pékin, P597

醉花阴
Zuì huā yīn
李清照 (1084-1151)
许渊冲 译
薄雾浓云愁永昼,
bó wù nóng yún chóu yǒng zhòu,
瑞脑消金兽。
ruì nǎo xiāo jīn shòu.
佳节又重阳,
Jiājié yòu chóngyáng,
玉枕纱厨,
yù zhěn shā chú,
半夜凉初透。
bànyè liáng chū tòu.
东篱把酒黄昏后,
Dōng lí bǎjiǔ huánghūn hòu,
有暗香盈袖。
yǒu àn xiāng yíng xiù.
莫道不销魂,
Mò dào bù xiāohún,
帘卷西风,
lián juǎn xīfēng,
人比黄花瘦。
rén bǐ huánghuā shòu.